Entre les filtres UV, polarisants et ND, il n’est pas toujours évident de savoir ce qui mérite une place dans son sac photo. NEEWER nous a fait parvenir quatre références en 67 mm, allant d’un coffret UV/CPL/ND4 à un ND2–ND400 variable. L’occasion de revenir sur le rôle de chacun, mais surtout de les utiliser réellement avec notre Sony ZV-E10, en photographie comme en vidéo. Après les essais, certains se sont révélés bien plus simples à apprivoiser que d’autres.
À quoi servent les filtres photo et vidéo ?
Avant de parler des produits, autant comprendre pourquoi on visse un filtre devant un objectif. Ils ne servent pas tous à embellir une photo : certains protègent la lentille, d’autres interviennent sur les reflets ou la quantité de lumière.

Le filtre UV : avant tout une protection
Sur un appareil numérique moderne, le filtre UV est surtout utilisé comme une protection supplémentaire de la lentille frontale. Il peut limiter son exposition directe aux traces, projections et petits contacts, même s’il ne remplace ni un pare-soleil ni un minimum de précautions. Un bon filtre UV doit rester discret sur l’image : si l’on ne remarque presque aucune différence avec une photo prise sans filtre, c’est plutôt une bonne chose.
Le CPL : agir sur les reflets
Le filtre polarisant circulaire, généralement appelé CPL, permet de réduire certains reflets sur l’eau, une vitre ou d’autres surfaces non métalliques. On tourne sa bague pour ajuster l’effet, qui dépend de l’angle de prise de vue et de la position de la lumière. Il peut également modifier le contraste et le rendu de la végétation. Attention, il ne supprime pas tous les reflets : les surfaces métalliques ou les orientations défavorables sont notamment plus compliquées à traiter.
Le ND : réduire la lumière sans changer volontairement les couleurs
ND signifie Neutral Density. Le principe est simple : le filtre laisse passer moins de lumière vers le capteur. Cela permet par exemple de ralentir l’obturation pour obtenir un filé sur de l’eau en mouvement, ou de filmer en conservant une vitesse d’obturation cohérente avec la cadence vidéo, tout en ouvrant davantage le diaphragme.
Le chiffre qui suit ND représente un facteur d’atténuation théorique. Un ND2 transmet environ la moitié de la lumière, soit un stop de moins ; un ND4 environ un quart, soit deux stops, et un ND32 environ 1/32, soit cinq stops. Plus le chiffre augmente, plus l’image s’assombrit à réglages de prise de vue identiques. Le ND400 représente quant à lui un facteur de l’ordre de 400, soit environ 8,6 stops. Ces nombres décrivent des densités nominales, pas des mesures réalisées sur les modèles testés.
Il existe des ND fixes, comme le ND4 de notre coffret, et des ND variables dont on ajuste la densité avec une bague. Certains combinent même les fonctions ND et CPL, ce qui évite de changer d’accessoire, mais demande de surveiller simultanément exposition et reflets. À forte densité, certains filtres variables peuvent aussi produire une zone sombre en croix selon l’objectif et la focale.

Quatre références NEEWER en 67 mm
| Caractéristiques | Détails |
|---|---|
| Kit UV, CPL et ND4 | NEEWER B0DS1N7WKC, trois filtres indépendants et leur rangement |
| ND2–ND32 + CPL | NEEWER B0B92MGMJQ, hybride avec deux leviers de manipulation |
| True Colors ND2–ND32 + CPL | NEEWER B0D41MPSB1, hybride avec bague épaisse et ergot de réglage |
| ND2–ND400 variable | NEEWER B0DG2KZZBK, plage de densité nominale étendue |
| Diamètre testé | 67 mm |
| Matériel de test | Sony ZV-E10, Tamron 18–300 mm f/3,5–6,3 |
| Formats | RAW + JPEG en photo, 4K 25p en vidéo |
Une première impression commune plutôt positive
Dès l’ouverture des boîtes, les quatre références donnent une impression sérieuse. Leurs montures métalliques inspirent confiance et les boîtes ou pochettes de rangement sont pratiques pour protéger les filtres entre deux utilisations. Nous n’avons pas rencontré de difficulté pour les visser sur le Tamron : l’installation et le retrait se sont déroulés sans problème. Cela ne présume pas de leur résistance à long terme, mais c’est déjà un bon point à l’usage.
Notre protocole de test
Pour observer les différences, nous avons utilisé une scène assez ordinaire : un jardin, de la végétation et deux barbecues Weber noirs, dont un modèle rond avec un couvercle brillant. Les surfaces réfléchissantes nous ont notamment permis de voir l’effet du CPL et d’éventuelles variations de teinte. Les photos ont été prises sur trépied, principalement à f/5,6, ISO 100, avec une balance des blancs « Nuageux » et une focale proche de 34–35 mm. Le boîtier était en priorité ouverture, avec correction d’exposition de 0 EV au début puis de -0,7 EV. Nous avons aussi refait des photos témoins sans filtre au cours de la séance.
Un point compte pour la lecture des résultats : le ciel était couvert et la luminosité a progressivement changé. Nous avons analysé les JPEG originaux du Sony, sans retouche colorimétrique dans les comparaisons. En revanche, il ne s’agit pas d’un banc optique avec une lumière constante, une charte de couleurs ou une mesure précise de transmission.
Kit UV / CPL / ND4 : le plus évident pour découvrir les filtres
Le coffret B0DS1N7WKC propose trois filtres distincts. Il faut donc changer celui qui est installé selon ce qu’on cherche à faire, mais leurs usages sont suffisamment différents pour que ce fonctionnement soit plutôt logique. La pochette de rangement aide justement à conserver les autres filtres à portée de main.

Nous avons commencé par photographier la scène sans filtre, puis avec l’UV : les deux images ont été enregistrées à 1/40 s et présentent un rendu très proche. Sur ces clichés, le filtre UV ne provoque ni transformation spectaculaire des couleurs ni dégradation massive évidente des détails. Avec le ND4, le temps de pose est passé à 1/15 s sur la première série, ce qui illustre son rôle d’atténuation. Nous avons ensuite refait une prise ND4 avec une correction de -0,7 EV ; elle ne doit pas être comparée directement à la première photo témoin, prise avec une correction différente.

Le CPL a ensuite été testé sur le couvercle brillant du barbecue rond, en prenant une nouvelle photo sans filtre juste avant. On distingue un changement local dans la répartition des zones claires, sans disparition totale des reflets de la maison et de la végétation. L’effet est présent, mais modéré dans cette situation, ce qui rappelle qu’un polarisant dépend beaucoup de son orientation.


À l’usage, c’est le coffret qui nous a paru le plus facile à prendre en main. Chaque filtre a une fonction bien identifiée, les montures se vissent facilement et le rangement est pratique. Il faudra certes intervertir les filtres selon ses besoins, mais ce n’est pas vraiment un défaut pour un ensemble destiné à découvrir leurs différences.
ND2–ND32 + CPL : une manipulation agréable, des repères perfectibles
Le B0B92MGMJQ regroupe les fonctions ND variable et CPL. Son double levier s’est révélé pratique pendant les essais et la rotation est fluide, ce qui rend les réglages agréables. Nous avons également apprécié le fait que la position minimale soit clairement indiquée. En revanche, les autres positions sont matérialisées par des points plutôt que par des valeurs ND lisibles : pour retrouver exactement un réglage, c’est moins évident.


Sur nos quatre photographies, nous sommes passés du minimum (1/25 s) à une position intermédiaire (1/13 s), puis au maximum (1/2 s), avant de revenir au minimum sur une dernière prise (1/20 s). Les reflets du barbecue évoluent nettement d’une image à l’autre, tandis que le badge et ses inscriptions restent lisibles. Nous n’avons pas constaté de grande croix noire incontestable dans cette série, mais ces quelques vues à 35 mm ne permettent pas d’en exclure l’apparition dans d’autres situations.

Ce modèle est donc plaisant à manipuler et polyvalent, avec une réserve sur la précision des repères. Il faut également garder à l’esprit que les changements de reflets proviennent potentiellement du CPL autant que des variations de densité ND.
True Colors ND2–ND32 + CPL : notre préférence ergonomique
Le True Colors B0D41MPSB1 suit le même principe hybride, mais nous avons davantage apprécié son système de commande. Sa bague de réglage est épaisse, agréable à saisir et fluide, tandis qu’un ergot aide à repérer clairement la position choisie. À l’usage, nous l’avons trouvé particulièrement accessible, y compris pour quelqu’un qui débute avec les filtres variables.


Sur les photos, nous avons enregistré une prise à la position minimale (1/20 s) et une autre au maximum (0,625 s), avant de photographier de nouveau la scène sans filtre (1/50 s). Les couleurs générales du décor restent relativement proches et les détails du badge demeurent visibles. La répartition des reflets change cependant sensiblement sur le couvercle, ce qui reste cohérent avec la fonction polarisante du filtre.


La dénomination True Colors évoque une meilleure fidélité des couleurs. Nous ne pouvons pas démontrer une supériorité mesurée sur l’autre ND2–ND32 avec cette seule séance : la lumière a évolué et nous n’avons pas utilisé de charte colorimétrique. Notre préférence pour ce modèle repose donc surtout sur sa facilité d’utilisation et sur l’absence d’anomalie majeure identifiée dans les images examinées, plutôt que sur une victoire technique qui n’aurait pas été vérifiée.
ND2–ND400 : de longues poses, mais un réglage moins rassurant
Sur le papier, le B0DG2KZZBK offre la plage de densité la plus importante des quatre références. C’est également celui que nous avons trouvé le moins évident à utiliser. Lors de nos manipulations, nous n’avions pas de point de référence suffisamment clair pour savoir exactement à quelle densité nous nous trouvions. Un photographe expérimenté, on peut toujours s’appuyer sur l’exposition affichée par le boîtier ; pour un débutant, cette lecture peu intuitive complique inutilement les réglages.


Nous avons obtenu des temps de pose de 1/13 s au minimum, puis 0,625 s, 1/3 s, 0,8 s et jusqu’à 5 secondes en explorant différentes positions. Les indications exactes de densité des dernières prises ne sont pas établies, raison pour laquelle nous ne les présenterons pas comme des photos prises à ND100, ND200 ou ND400 précisément.

Le rendu photographique demande également un peu plus d’attention : certaines zones réfléchissantes apparaissent davantage jaunes ou brunes, tandis que d’autres prennent une teinte plus froide. Ce n’est pas une dominante uniforme démontrée sur toute l’image, mais ces différences sont visibles sur nos JPEG. Pour autant, le détail des inscriptions reste identifiable sur les poses longues et nous n’avons pas mis en évidence de grande croix noire certaine dans cette scène.
Son intérêt est donc réel pour ceux qui souhaitent explorer les poses longues, mais ce n’est pas celui que nous conseillerions en premier à quelqu’un qui découvre les filtres ND, notamment à cause du manque de repères ressenti pendant le test.
Et en vidéo, quel intérêt pour les filtres ND ?
En vidéo, l’enjeu n’est pas nécessairement de rendre l’image plus sombre : on cherche souvent à conserver une vitesse d’obturation adaptée. Pour nos séquences en 4K à 25 images/s, nous avons fixé la vitesse à 1/50 s et les ISO à 100, puis filmé la même scène générale avec différentes configurations.
La première vidéo a été tournée sans filtre à f/5,6. Nous avons ensuite installé le ND2–ND32 hybride au minimum, toujours à f/5,6, puis réalisé une troisième séquence en ouvrant à f/4. Enfin, nous avons enregistré un clip avec le True Colors au minimum et un autre avec le ND2–ND400 au minimum, tous deux à f/4.
L’intérêt de l’exercice est pédagogique : en conditions lumineuses identiques, ajouter un ND2 permet théoriquement de passer de f/5,6 à f/4 tout en gardant le même temps d’exposition par image. Lors de notre tournage, toutefois, l’indicateur de luminosité du Sony est resté à -1,7 EV après cette ouverture, probablement en raison de l’évolution de la lumière extérieure. Nous ne présenterons donc pas cette prise comme une démonstration parfaitement contrôlée de compensation.

Les captures vidéo montrent bien les écarts d’exposition et certaines différences de teinte, notamment un aspect plus jaune/olive avec le ND2–ND400 sur des surfaces du barbecue. Comme les plans ont été réalisés à main levée avec des cadrages légèrement différents, ils ne permettent pas pour autant de classer la netteté ou la neutralité de chaque filtre.
Quel filtre NEEWER choisir ?
| Votre besoin | Le modèle qui nous paraît pertinent | Pourquoi |
|---|---|---|
| Découvrir UV, CPL et ND | Kit B0DS1N7WKC | Trois fonctions distinctes, faciles à comprendre et à ranger |
| Photo et vidéo avec un seul filtre polyvalent | True Colors B0D41MPSB1 | Bague agréable et ergot de réglage lisible |
| Hybride agréable à manipuler | B0B92MGMJQ | Double levier pratique, mais valeurs moins explicites |
| Explorer des poses plus longues | ND2–ND400 B0DG2KZZBK | Plage étendue, avec une manipulation qui demande plus d’habitude |
Notre avis sur ces quatre filtres NEEWER
Après cette séance, nous retenons une impression de qualité assez homogène sur la fabrication. Les montures métalliques inspirent confiance, le vissage sur notre Tamron n’a posé aucun problème et les rangements fournis sont appréciables. C’est surtout une fois sur le terrain que les différences apparaissent, notamment lorsqu’il faut retrouver rapidement une position précise sur une bague variable.
De notre côté, si nous devions en conserver deux, ce serait le coffret UV/CPL/ND4 et le True Colors ND2–ND32 + CPL. Le premier est simple à comprendre, avec un filtre pour chaque usage, tandis que le second nous a convaincus par son ergonomie et son système de réglage. Le ND2–ND32 à double levier reste une alternative agréable, mais ses positions moins explicites demandent davantage d’habitude. Quant au ND2–ND400, il offre plus de latitude pour allonger les poses, sans être le plus accueillant pour débuter.
Les photos confirment que chaque type de filtre a une utilité réelle, même si les bénéfices ne sont pas toujours spectaculaires sur une scène donnée. Nous avons aussi vu des changements de reflets et des variations de teinte qu’il faut prendre en compte. En revanche, nous préférons ne pas inventer de classement de piqué, de neutralité ou de transmission : il faudrait pour cela renouveler les essais sous une lumière rigoureusement contrôlée. Pour un premier équipement, notre préférence va donc aux modèles les plus clairs et les plus agréables à utiliser, plutôt qu’à celui qui affiche simplement le chiffre ND le plus élevé.
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